Portrait de paysan


Gazéré Dotia Salamatou: une paysanne accomplie.

Mme Gazéré est née vers 1955 dans le village de Barienou, Commune de Djougou d’une famille de cultivateurs. Elle est l’ainée de six sœurs et de quatre frères.
Epouse et mère de six enfants, Mme Gazéré est agricultrice, formatrice endogène, alphabétiseur et syndicaliste, elle est l’archétype même de la femme africaine : surchargée de travail et trop souvent exclue des sphères officielles de décision.

L’arrêt de ses études au niveau du CM2 ne l’a pourtant, pas empêché d’être aujourd’hui une femme respectée et écoutée grâce à sa longue expérience dans l’agriculture. En effet, la terre a toujours été sa principale source de revenu, même pendant les nombreuses années de déplacement au cours desquelles elle suivait son mari instituteur partout dans le pays.

C’est la retraite de ce dernier qui lui a permis de se sédentariser et d’élargir ses activités à l’élevage et à la transformation.

Héritière d’un demi-hectare de terre de ses parents, c’est en négociant avec son mari et d’autres propriétaires qu’elle obtient environ trois hectares, la surface nécessaire à ses activités.
gazéré couple

Après cinq ans d’échec systématique dans la production de coton, elle abandonne cette culture en faveur des céréales notamment l’arachide et le mil.L’arachide est vendu brut alors que le mil est transformé d’abord en « akloui séché » ainsi que le mais avant d’être commercialisé. L’igname est quant à elle transformée en cossettes.

Après cinq ans d’échec systématique dans la production de coton, elle abandonne cette culture en faveur des céréales notamment l’arachide et le mil.L’arachide est vendu brut   alors que le mil est transformé d’abord en « akloui séché » ainsi que le mais avant d’être commercialisé. L’igname est quant à elle transformée en cossettes. 

Elle entretient également un important élevage de lapin (200 têtes), de cabri (40 têtes) et de poulet (40 têtes) destinés à la vente pour couvrir les besoins de la famille.

Obligée d’utiliser les engrais chimiques pour la production du coton, elle opte volontiers pour une agriculture durable en même temps qu’elle change de cultures. En effet Mme Gazéré a bénéficié de nombreuses formations à l’utilisation des feuilles de pois d’angole pour enrichir la terre dans le cadre du  Projet de Micro finance et de Commercialisation (PROMIC). Elle combine cette technique avec la pratique de la jachère de courte durée (deux à quatre ans).

Convaincue par le succès de ces procédés elle a continué de se perfectionner dans le domaine et grâce à une formation dispensée par le Centre d’Action Régional pour le Développement Rural (CARDER) elle a commencé à faire du compost depuis peu.

Parallèlement à ses activités agricoles, elle devient

formatrice endogène en 2002, et alphabétiseur en 2003 dans le cadre du Programme d’Appui au Développement du Secteur Agricole (PADSA) phase I et II. Elle travaille avec soixante et une femmes de vingt quatre villages en tant qu’animatrice. Elle leur apporte des conseils dans la mise en œuvre de leurs activités, dans la gestion, la planification ainsi que le règlement des conflits. 

Dans le domaine de  l’alphabétisation, elle donne douze heures de cours par semaine à raison de trois heures par jour. Cette activité l’occupe trois à six mois chaque année.

Depuis trois ans, elle assure également la fonction de secrétaire de la Caisse de Solidarité de son village qui regroupe quarante et une femmes. Cette Caisse Villageoise de Solidarité est née d’une initiative de « Care Bénin », une ONG nationale. La caisse accorde des prêts à des taux avantageux sous forme de fond de roulement. La redistribution des intérêts leur a déjà permis d’augmenter leurs chiffres d’affaires et financer des constructions,  des vélos ainsi que des fournitures scolaires pour leurs enfants.

Son parcours de voyageuse, agricultrice et formatrice l’a naturellement conduit vers le syndicalisme et c’est ainsi qu’elle adhère en 2005 à Synergie Paysanne dans l’espoir de trouver des solutions aux préoccupations des paysannes qu’elle a rencontré sur le terrain : la nécessité de s’unir pour améliorer les activités et les revenus.

Néanmoins Synergie Paysanne lui fait comprendre bien plus ; que les décisions gouvernementales se prennent le plus souvent sans connaitre les réalités de terrain et sans la consultation des principaux concernés. C’est également au sein du syndicat qu’elle prend conscience du phénomène de l’accaparement des terres et des enjeux de la politique agricole.

En partant de ces constats elle voit en Synergie Paysanne un intermédiaire capable de faire le lien entre les paysans et la sphère des décideurs.

Simple membre au début, elle fait partie aujourd’hui du Conseil d’Administration et occupe la fonction de Présidente Adjointe du Collège des Femmes de Synergie Paysanne depuis Avril 2009.

Parfaitement consciente de la mise à l’écart des femmes des processus de décision elle espère que sa présence au sein du syndicat va permettre une meilleure reconnaissance du rôle des femmes et leur importance à tous les niveaux: des moteurs du développement de leurs pays.

Le message de Mme Gazéré aux lecteurs est : « Une femme villageoise peut aussi évoluer dans la vie. »

Selon elle, c’est dans l’intérêt de la communauté à ce que les femmes reçoivent tout le soutien nécessaire pour mieux gérer leurs activités.

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